dimanche, octobre 15, 2017

BOLOGNE





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Bologna... Erasme, Stendhal, d'Hermann Hesse à Byron, de Goethe à Dickens, autant d'auteurs qui ont relevé la spécificité, le diversité, l'originalité de la ville : “ Bologne, a ce me semble, beaucoup plus d'esprit, de feu et d'originalité que Milan", écrivait Stendhal dans son Voyage en Italie ... force est de constater qu'alors que le patronyme des villes d'importances italiennes s'accompagnent souvent d'un qualificatif rappelant leur origine historique : Rome : "La Ville éternelle", Venise : '" La Sérénissile",  Florence "La Bella"... Bologne, quant à elle, n' en compte pas moins de trois : Bologna : "La Rossa, la Dotta, La Grassa" Bologne la Rouge, l'Erudite, la Gourmande.


BOLOGNA LA ROSSA
BOLOGNA LA ROSSA...
  D'emblée «Bologne la Rouge» fait référence à la palette de ses construction, les mattoni, les briques tirées de la nature argileuse de son sous-sol, produites de façon artisanale jusqu'au début du XXe siècle, utilisées au cours des siècles, pour la construction des célèbres torri, puis des églises, des palais, jusqu'aux magnifiques immeubles le long des portiques à arcades du centre ville si caractéristiques.

C’est au XIIe siècle que la construction des TORRI devient un phénomène d’enjeu politique très répandu en Italie centrale. Ces tours aristocratiques sont non seulement le symbole du pouvoir économique des grandes familles mais aussi une machine de guerre et un instrument de contrôle du territoire. Lors de son séjour à Bologne, Dante parle d’une « selva torrita» environ 80 constructions, contre une vingtaine aujourd’hui, qui ont survécu aux incendies, aux éclairs, aux tremblements de terre et aux bombes. Les plus connues sont les deux tours jumelles, symbole de la ville de Bologne, situées au croisement des rues qui menaient aux cinq portes des anciennes murailles (« mur des Torresotti »). Erigée entre 1109 et 1119, la TORRE ASINELLI est la plus haute tour de Bologne, culminant à 97,2 m. Elle comporte un escalier interne en bois de 498 marches, achevé en 1684, qui vient de rouvrir après une longue restauration et qui offre une vue. Quant à la TORRE GARISENDA, à l'origine, elle mesurait  environ 60 m. Tronquée au xive siècle à la suite d'un affaissement du terrain qui menaça de la faire s'écrouler, elle est aujourd’hui haute de 48 m, fortement penchée.



PORTICI
L'autre originalité, qui donne au centre historique de Bologne (le mieux conservé au monde) une spécificité unique, mesure 38 kilomètres : la longueur de ses portiques qui longent sous des arcades d'anciens immeubles, des églises riches en œuvres d'art, des commerces … Depuis 11O0, quand le succès de l'université poussa à inventer de nouveaux espaces urbains, les portiques sont devenus un lieu public et privé privilégié quelque soit les météos et les saisons. Un lieu de sociabilité et de commerces, un salon en plein air... le symbole même de l'hospitalité bolognaise. À noter que les portiques se prolongent hors ucentre ville et que celui de San Luca, qui relie la ville au SANTUARIO DEL COLLE DELLA GUARDIA mesure pas moins de 3.796 mètres et compte 666 arcades. Témoins de l'histoire, des traditions, de l'urbaisme et de l'architecture de la ville; les Portici ont été classés par l'Unesco.


Pudibonds s'abstenir ; voici une Petite histoire et un secret de Bolognais sur la PIAZZA MAGGIORE où siège le Podestat encadré de majestueux palais dont le Palais d'Accursio, de la monumentale Basilique de San Petronio, et où se trouve la très sensuelle FONTAINE DE NEPTUNE de Giambolognaise (1565) face au Palazzo Re Enzo.  : à cette époque, la ville étant passé sous le Pontificat de l'Eglise, le sculpteur ne put parer son Neptune d'un organe génital digne d'un Dieu...enfin presque... si vous tournez autour du monument, il y a un angle, où par effet d'optique, la main de la divinité vous apparaît comme un falus en érection. Si vous ne le voyez pas mettez vous à côté des escaliers de la Bibliothèque Salaborsa, et là repérez une dalle plus foncée qui vous indique le point idéal. Le spectacle érotique se poursuit avec les quatre sirènes en position gynécologique qui remplissent le bassin en se pressant les seins...
 

Plus discrète et recommandée à l'heure de l'apéro, la PIAZZA SANTO STEFANO avec ses quatre églises romanes. De là, on peut tirer jusqu'au Canale delle Molini visible depuis la via Piella.


BOLOGNA LA ROSSA...
 ne renvoie pas seulement aux variations colorées de ses bâtiments. Son passé rouge oscille aussi entre vitrine nationale de la gestion communiste pendant un demi-siècle, contribution sanglante à des massacres fascistes et fief de la contestation étudiante des années 70 qui vit tomber un jeune militant, Francesco Lorusso, sous les balles policières via Mascarella, le 11 mars 1977. Le blason de Bologna : la Croix rouge, arme de la commune ; "Libertas", arme du peuple, la Tête de lion "affrontata" déterminée
 


BOLOGNA LA ROSSA...
Bologne, capitale de l'Emilie Romagne TERRA dei MOTORI pour l'excellence de sa culture automobile et motoriste ... ROSSA la DUCATI (Museo e Fabrica Ducati à Bologne) , ROSSA la FERRARI (Casa-Museo Enzo Ferrari à Modène), ROSSA la LAMBORGHINI dont le logo n'est autre que le trident de Neptune (Museo à S. Agata Bolognese), ROSSA LA MASERATI.
 
 

dimanche, juin 04, 2017

IN VIAGGIO...





IN VIAGGIO... fare un giro...
L'Italie vue de l'espace par Thomas Pesquet


 Les Sassi et le parc des églises rupestres de MATERA (Basilicata) au patrimoine de l'Unesco




Parco dei Principi, premier hôtel design créé en 1962 par l'architecte, designer industriel italien... Gio Ponti, restauré e 2012 à l'identique avec son mobilier d'origine (Sorrento, côte amalfitaine, Campanie)



L'ossuaire du cimetière de San Cataldo, "l'éternel chef-d'œuvre" de l"architecte italien Akdo Rossi (années 70) qui semble sorti d"une toile de Giorgio di Chirico (Modène,  Emilie Romagne)


Il Labyrinto, les jardins et le Musée de l'éditeur d'Art, Franco Maria Ricci (à Fontanellato, Parme, Emilie Romgne)



 Le Palazzo della Civiltà Italiana ou Coliseo quadrato, devait célébrer le 20e anniversaire de la Marche sur Rome des fascistes de B. Mussolini en 1942. Inoccupé, il abrite à présent le siège de Fendi mais le premier étage est ouvert à l'art et aux expositions. L'Arte Povera de G. Penone déploie jusqu'au 16 juillet, ses arbres et ses branchages, dans ce décor de travertin colossal et surpuissant (Rome,  Latium)




Abbaye de San Fruttuoso  (entre Camogli et Portofino, Ligurie)



Aux portes du Gran Sasso, dans le silence des Abruzzes, randonnez sur les anciens chemins de transhumance  jusqu'à la Chiesa di S. M. della Pietà et la Rocca Calascio, magique au coucher du soleil (Calascio, Abbruzes)


loger dans l'Albergo diffuso de Sextantio à Santo Stefano di Sessanio s'impode



Le Guerriero di Capestrano (anonyme de la période préclassique), symbole du Museo Archeologico Nationale, Villa Frigerf,  qui a rouvert ses portes après 4 ans de travaux (Chieti, Abbruzes)
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Réouverture du Museo Nazionale d'Abruzzo (MUNDA) après le séisme de L'Aquila en 2009
   

Hameau médiéval de Cornello dei Tasso parmi "les plus beaux villages d'Italie" (Camerata Cornello, Bergamo, Lombardie)


Invité par le curé de l'église S.M. Annunciata in Chiesa Rossa, à venir réaliser une œuvre in situ, Dan Flavin termina le projet 2 jours avant sa mort. L'œuvre put ensuite être installée grâce à la Fondation Prada et au Dia Center de NYC, (Milan, Lombardie)



Cappella del Barolo  de Sol Lewitt et David Tremlett - Vignoble Brunate di La Morra, 1999s (Piemontà


Le MAV, Museo dell'Artigianato Valdostano di tradizione  à Chez Sapin, Fénis (Val d'Aoste)


L'ensemble du pavement en marbre du Duomo de Sienne—“il più bello…, grande e magnifico… che mai fusse stato fatto”, selon Giorgio Vasari— sera découvert et donc visibles du 18 août au 26 octobre 2017 (Siena, Toscane)


Les  fresques "robiennes" illustrant les sept devoirs d'assistance de la Méséricorde du portique de l'ancien hôpital, récemment restaurées sont l'un des lieux à découvrir à Pistoia, capitale italienne de la culture 2017 (Toscane)


Après des siècles d'abandon et une longue restauration , la Chiesa di San Lorenzo in Ponte (XIIIe s)  et ses extraordinaires fresques Purgatorio et Paradiso (1413)  du florentio Cenni di Francesco est de nouveau accessible aux visiteurs dans le forfait des Musei Civici de la ville (San Gimignano (Toscane)


Cala Domestica, Buggurhu, (Sardaigne)


Les palais de style renaissance et baroque de Salorno témoignent d'un passé aristocratique et donnent au village et à la montagne même beaucoup d'élégance. Sans compter le Castello di Haderburg, véritable nid d'aigle sur son rocher.Salorno (Trentino)


Monte Pasubio fêe les cent ans de la Strada delle Gallerie del Pasubio, un chef d'œuvre d'ingégnierie militaire (6300 m, 52 galeries) construit en 1917 en 10 mois pour alimenter le front du Pasubio. Un régal pour les randonneurs. Monte Pasubio, Vicenza, Vénétie)



Cyclo-randonnées et couchers de soleil sur la lagune (Villa Sacchetta) sur l'Isola di Cavallino, Venise (Vénetie)




Bonnes vacances et bonne route...



mercredi, mars 08, 2017

LES MEDICIS et FLORENCE : Palazzo Medici Riccardi



COSIMO IL VECCHIO

  PALAZZO MEDICI RICCARDI

Cosimo il Vecchio 1389-1464 (Pontormo, les Offices à Florence)
 
Florence et les Medicis : c'est quatre siècles d'Histoire toscane du XIVe au XVIIIe siècle...

 Quand en 1430, le fondateur de la dynastie politique des Medicis, COSIMO IL VECCHIO, (1389-1464), commanda le Palazzo via Larga (proche de la Basilique San Lorenzo aujourd'hui via Cavour) à l'architecte Michelozzo, le préférant alors à Brunelleschi, la rivalité pour l'autorité politique sur Florence avec la famille Albizzi n'était pas encore gagnée. Dans cette optique, il lui parut important, d'avoir une demeure qui le créditerait d'une image d'homme sage et vertueux, capable de travailler pour le bien commun au travers d'œuvres de bienfaisance, de réformes et de mécénat. C'est ainsi que Michelozzo entre 1430 et 1460 érigea ce qui allait être le prototype du palais renaissance florentin : une bâtisse monumentale cubique, sobre voire austère, radicale, avec la mission bien précise : convaincre le peuple que les Medicis ne sont pas simplement d'habiles banquiers et des commerçants enrichis.
Son architecture imposante reste néanmoins élégante grâce à l'alternance des matériaux utilisés pour la façade qui du gros bossage très rustique passe, au premier étage, à un quadrillage pour finir par un revêtement très lissé sous la corniche qui borde la toiture.
Ce que l'on découvre aujourd'hui du bâtiment et de ses intérieurs ne sont pas exactement ceux d'origine...le palais restera la résidence des Médicis jusqu'à l'installation de Cosme 1er au Palazzo Vecchio puis au Palazzo Pitti, avant d'être vendu en 1659 à la riche famille Riccardi, en recherche à son tour de "visibilité" (cf. le Museo dei Marmi qui dans le palazzo présente les collections Riccardi). On y voit ainsi le triomphe du baroque dans la Galleria, ancienne salle de bal couverte de miroirs et de dorures sous un voûte peinte par Luca Giordano. Mitoyennes le bibliothèque riccardienne et de deux salles de coffres forts qui en disent long sur leur fortune...
Suite au désastre finacier de 1810 le palazzo fut vendu, il est aujourd'hui un centre administratif  et préfectoral de la ville de Florence. 

L'un des chef-d'œuvre de la construction initiale reste le CORTILE avec la colonnade qui l'entoure, apportant à la puissance du bâti, qui la surplombe, grâce et légèreté ; au centre du cortile, se trouvait le David en bronze de Donatello (aujourd'hui au Musée du Bargello) et dans le jardin mitoyen la Judith et Oloferne (aujourd'hui au Palazo Vecchio). Quant aux autres statues du jardin, les statues d'époque sont à présent au nouveau Muse du Duomo





BENOZZO GOZZOLI
CAPPELLA DEI MAGGI
Cappella di Maggi : autoportrait de B. Gozzoli, au centre bonnet rouge (détail)

Mais c'est la CHAPELLE DES MAGES, cycle de fresques décoratives commandé à Benozzo Gozzoli (1420-1497), qu'il faut voir et revoir, chef-d'œuvre de la Renaissance florentine par "l'heureux discours narratif, la richesse de la décoration, le rythme et l'équilibre des portraits au milieu du paysage...". Rappelons que B. Gozzoli commença comme apprenti orfèvre (cf. sens du détail) avant de collaborer avec Ghiberti à Florence et Fra Angelico à Rome et Orvieto. Sous le plafond doré de Michelozzo se déroule le voyage de Gaspard, Melchior et Balthazar sujet religieux qui sert de prétexte pour représenter un sujet politique précis qui donna du lustre à la maison Médicis : le cortège de personnalités arrivées à Florence depuis Ferrare à l'occasion du concile de Bâle (1438-1439). À cette occasion les Médicis eurent l'honneur de présider à la réunification entre l'Église latine et l'Église byzantine, même, si par la suite, cet accord resta seulement sur le papier. 
Un prétexte pour célébrer la dynastie des Medici représentée sous les traits des personnages de la fresque y compris un autoportrait de l'artiste.





















Le cortège de Gaspard met en scène sur un cheval blanc, le jeune  Laurent le Magnifique suivi, toujours à  cheval, de son père Piero Il Gottoso (Pierre 1er de Medicis dit le Goutteux) et du chef de la famille Medicis,  Cosimo il Vecchio (image de gauche). 
Suivent deux dignitaires italiens, Sigismondo Malatesta (à G) et Galéas Marie Sforza (à D), seigneurs respectivement de Rimini et de Milan, invités des Médicis, et sont ici représentées pour célébrer les succès politiques de la maison).
Derrière eux, se prolonge un cortège de Florentins illustres parmi lesquels les humanistes Marsile Ficin et les frères Pulci, les membres des Arts Majeurs florentins et le peintre Benozzo Gozzoli identifié par l'inscription visible sur son bonnet rouge : Opus Benotii "œuvre de Benozzo". 


 
Le cortège de Balthazar, représenté par un homme d'âge dans la force de l'âge, prend les traits de l'empereur de Byzance, Jean VIII Paleologue. Les trois jeunes filles à cheval seraient les trois filles de Pierre le Goûteux, sœurs de Laurent et de Julien.














Enfin sur le mur de gauche, le cortège de Melchior, représenté par un homme âgé, met en scène Sigismond de Luxembourg. Le vieil homme sur une mule est le portrait du pape siennois Pie II : il précède Julien de Medicis portant un léopard sur son cheval. Dans la même scène sont représentés une série de dignitaires byzantins portant des attributs exotiques comme lynx et faucons et un second autoportrait de B. Gozzoli qui fait un salut de la main.

Dans l'ABSIDE sont peints à fresque deux chœurs d'anges couronnant un retable, représentant comme il se doit  une Nativitée, copie de la fin du Quattrocento par Pier Francesco Fiorentino,  de l'originale Adorazoni del Bambini de l'atelier de Fra Filippo Lippi, aujourd'hui conservée à Berlin, et des fresques de Benozzo Gozzoli représentant les symboles des Évangiles.

Nativitad, Filippo Lippi (Berlin)




LES TOMBEAUX DES MEDICIS
C'est sans doute la proximité du Palazzo Medici avec la BASILIQUE SAN LORENZO qui fit que les Medicis y installèrent leurs chapelles privées (accessibles par son arrière absidial sur la Piazza Madonna degli Aldobrandini). 
Dans la première chapelle qui date de 1521, dite la SAGRESTIA NUOVA se trouve le casone, un sarcophage unique pour Laurent le Magnifique et son frère Julien ainsi que les célèbres tombeaux sculptés par Michel-Ange : celui du duc d'Urbin, Laurent et celui du duc de Nemours Julien.





Au premier étage, se trouve la CAPELLA DEI PRINCIPI. Commandée en 1568, commencée en 1605, ce n'est qu'en 1929 qu'elle fut entièrement terminée. Les six sarcophages surmontés des statues des grands-ducs en bronze doré de Piero et Ferdinando Tacca ne reçurent de fait jamais les dépouilles...  
C'est l'Opificio delle pietre dure qui réalisa le revêtement qui couvre entièrement les murs de marbres incrustés, de marbres polychromes et de pierres semi-précieuses, jaspes, porphyre, albâtre, lapis-lazuli, coraux et bronze doré. Les six grands sarcophages de granites égyptien, gris oriental, violet de Flandre et corallien d’Espagne, décorés de jaspe vert de Corse, sont donc vides car les restes des Médicis (40 neveux et nièces, cousins et cousins) sont inhumés dans la crypte inférieure.
Reliquaires et objets d'orfèvrerie occupent une troisième chapelle.
photo : http://theswedishparrot.com/author/romuald/



VILLAS MEDICEENNES TOSCANES
PATRIMOINE DE L'UNESCO